HAMMADI Rachid et Houria


Accompagnée de sa sœur Houria, surnommée Mériem, secrétaire dans la même boîte, Rachida Hammadi, comme tous les matins, s’apprête en ce début de journée du 20 mars 1995, à se rendre au siège de la télévision nationale où elle travaille comme journaliste. Il est 8h 20 et devant leur domicile, situé à la cité Rostomia (ex-Clairval) de Chevalley, sur les hauteurs d’Alger, le chauffeur de la voiture de service qui les accompagne tous les jours au travail attend depuis quelques minutes. Du balcon, leur père, qui a pris l’habitude, depuis que les assassinats de journalistes se sont multipliés, de regarder à l’extérieur pour s’assurer qu’il n’y a rien de suspect, ne remarque pas la voiture de type Lada break de couleur rouge stationnée juste en face de la cité, de l’autre côté de la route. La circulation est particulièrement dense dans ce quartier encombré.

La vigilance la plus extrême peut être prise en défaut tant le ballet infernal des voitures qui passent, qui s’arrêtent ou qui démarrent est incessant. A peine les deux sœurs ont-elles pris place dans la voiture de service qu’un jeune homme armé, qui s’était mêlé à la foule des étudiants attendant leur transport à l’arrêt des autobus universitaires, s’approche du véhicule de service dont le chauffeur marque un temps d’arrêt avant de quitter l’esplanade de la cité et de se couler dans le flot des voitures. Arrivé au niveau du véhicule, il sort son arme automatique et ouvre le feu, visant la journaliste et sa sœur. Houria, qui a remarqué le manège tente, dans un geste désespéré, de protéger sa sœur en la couvrant. Elle est tuée sur le coup. Atteinte de plusieurs balles dont une à la tête, Rachida sombre dans le coma. Son forfait accompli, le tueur rejoint ses deux complices qui l’attendent dans leur véhicule, moteur en marche.

A l’hôpital le plus proche où elles ont été évacuées, les médecins tentent l’impossible pour sauver Rachida qui lutte contre la mort. Les balles sont retirées du corps, mais celle qui s’est logée dans la tête nécessite des moyens dont l’hôpital de Beni Messous ne dispose pas. Transférée à l’hôpital militaire de Aïn-Naâdja, mieux équipé, Rachida est immédiatement prise en charge par des médecins qui tentent de l’arracher des griffes de la mort. Alors que sa sœur lutte toujours contre la mort, Houria est enterrée au cimetière de Béni Messous. Elle avait 36 ans. Devant l’impuissance des médecins à extraire la balle qui s’est logée dans sa tête, le 26 mars, la décision est prise de transférer Rachida à l’hôpital parisien du Kremlin-Bicêtre. Malheureusement, les médecins parisiens échouent aussi dans leur tentative désespérée de la ramener à la vie et Rachida décède dans la nuit du 30 au 31 mars. A l’âge de 32 ans. C’est la première femme journaliste assassinée

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