Elles ont bravé la mort


 

Fatiha AMALOU…. L’Expression : 08 – 03 – 2007
Elles sont neuf femmes journalistes à avoir laissé leur vie au pire de la tragédie nationale dans les débuts des années 1990.
Le 8 mars, le monde entier se tourne vers la femme. Les médias aussi. Mais il est important d’évoquer le combat de la femme dans la presse. Une occasion de rendre un grand hommage aux femmes journalistes assassinées lors de la tragédie nationale. Yasmina Drici, Nabila Djahnine, Rachida Hammadi, Malika Sabour, Yasmina Brikh, Saïda Djebaïli, Naïma Hamouda, Khadija Dahmani et Farida Bouzain, ces neuf femmes journalistes ont été assassinées au pire de la tragédie nationale, victimes de la horde sauvage. L’assassinat de Sabour en mai 1995 s’est produit à son domicile. Ses assassins ont obligé ses parents à observer la mise à mort. Sabour n’avait que 22 ans, elle était jeune lauréate de l’école de journalisme. Brikh, une reporter de Radio Culture, a été tuée près de chez elle en septembre 1995. Il a fallu une semaine à la police pour identifier le corps. Ces neuf jeunes journalistes assassinées, et d’autres ayant survécu à diverses menaces et au harcèlement, ont été ciblées à double titre, celui d’être femme et celui de travailler comme journaliste. En tout, ce sont des dizaines de milliers de femmes victimes d’assassinats et près de trois mille à avoir subi des viols. Les femmes victimes du terrorisme sont pour l’écrasante majorité d’origine modeste, très modeste. Seulement, malgré cet état des lieux tragique, c’est en Algérie que la résistance et le courage des femmes forcent respect et méditation pour tous les peuples. Elles forcent le respect car au plus fort moment du terrorisme, lorsque le reste de la société était pris, parfois, par le découragement et le désespoir, et bien ces femmes ont résisté les mains nues avec le courage des gens simples.
Selon un rapport de l’Insi (International News Safety institut) basé à Bruxelles, 1000 journalistes et travailleurs des médias ont été assassinés en 10 ans. L’étude de l’institut qui regroupe des organisations de journalistes et humanitaires, révèle qu’un journaliste sur cinq seulement décède durant les guerres ou les conflits armés, les 657 autres hommes et femmes des médias ont été tués en temps de paix, dans l’exercice de leur fonction, dans leur propre pays. Parmi les pays les plus touchés l’Algérie, qui compte près d’une centaine de morts. Malgré cela, le nombre de journalistes femmes en Algérie ne cesse de s’accroître et ce en dépit des conditions difficiles. Le taux de journalistes femmes exerçant à la Télévision algérienne avoisine les 74,06%. Pour ce qui est de la Radio algérienne:
Chaîne I, Chaîne II et Chaîne III avec ses différentes stations régionales, le nombre de journalistes femmes est nettement supérieur à celui des hommes. Le taux national pour la radio est de 88,7% de femmes journalistes. La presse indépendante, avec sa diversité, a été et depuis plus d’une dizaine d’années, le domaine le plus convoité par l’élément féminin. Le taux national de journalistes femmes qui y exercent dépassent les 60,02%. On note au moins 5 femmes occupant des postes de directrice de rédaction ou directrice de publication.

http://www.djazairess.com/fr/lexpression/41632

 

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