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L’Algérie à travers sa loi d’amnistie de 2005 a fait un déni de ce que certains appellent « la civile » qu’elle a subi dans les années 90. Qu’importe que nous l’appelions, décennie noire, rouge ou tragédie nationale, cette période fut l’une des plus dramatiques de son histoire post indépendante. Une période de sang et de deuil qui aura fait 200 000 morts, laissant des survivants aux troubles irrémédiables et des traces latentes dans une société algérienne traumatisée d’une ampleur indéfinissable.


En dépit de ces morts, la vie a repris comme si rien ne s’était passé. Le traumatisme du « pardon » insupportable continue et continuera à avoir des conséquences psychologiques, sociales et culturelles très importantes, pour ne pas dire dramatiques.
Nous avions vingt ans dans ces années-là et avons vu mourir nos pères, nos époux, nos professeurs et nos policiers.
Vingt ans plus tard, nous pensons qu’il est urgent que le devoir de Mémoire soit perpétué, que nous puissions en discuter, essayer de réfléchir à la genèse du terrorisme en Algérie.
Nous sommes de plus en plus nombreux chaque jour à nous investir dans ce travail de mémoire.
C’est en ce sens qu’Ajouad Algérie Mémoires, se joint au travail contre l’oubli déjà en cours. Né, en décembre 2010, Ajouad Algérie Mémoires a pour volonté de réaliser un travail mémoriel et faire du 22 mars LA journée contre l’oubli.
Face au drame qui n’a épargné aucune famille, Ajouad Algérie Mémoires veut célébrer l’honneur et la dignité de ceux qui ont été assassinés à travers la création d’un monument en leur souvenir. .
C’est pour nous un devoir, un acte de refus de cette amnésie instituée.
En hommage à toutes les victimes du terrorisme, mais aussi pour nous et pour les générations à venir faisons du 22 mars LA journée contre l’oubli. Une date repère, une journée qui rassemble la mémoire de 200 000 victimes.
Il est plus que fondamental de remettre à jours les œuvres d’une élite sacrifiée, mais aussi le vécu de tout un peuple, afin que nul ne les oublie. Agissons pour que cet acte citoyen se normalise et que cette commémoration devienne une évidence. Pour une Algérie apaisée à jamais. Il s’agit là d’une nécessité historique.

Ajouad Algérie Mémoires