Rabah GUENZET : Prof de philosophie et Islamologue, Assassiné 5 octobre 1993 dans la banlieue d’Alger.

Publié: 4 octobre 2015 dans Biographies, hommages
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Rabah GUENZET : Prof de philosophie et Islamologue, Assassiné 5 octobre 1993 dans la banlieue d'Alger. Quelques jours avant, il avait participé à un débat télévisé qui l'opposait à Abassi Madani.

Rabah GUENZET

 

LE 5 Octobre 1993 Un autre patriote s’en va

Il voulait une Algérie moderne, républicaine, tolérante et tournée vers l’avenir.

Rabah GUENZET, professeur de philosophie arabophone ( lycée Hassiba Ben Bouali et lycée Hamia Kouba), islamologue et ancien Secrétaire Général du Syndicat National de l’Enseignement secondaire et Technique relevant de la F.T.E.C .

Membre fondateur et dirigeant du mouvement ETTAHADI, il a été élu lors du congrès consultatif en janvier 93 au Conseil National Transitoire.

Ses idées politiques lui avaient valu un licenciement de son poste d’enseignant de philosophie du lycée Hamia de Kouba en 82 pour sa participation à une grève.

Rabah Guenzet a été lâchement assassiné le mardi 5 octobre au soir, vers 19h30, au moment où il rentrait chez lui. Il était membre du Conseil national du mouvement Ettahadi-Tafat.
Fils de chahid de la lutte de Libération nationale, Rabah Guenzet est tombé au service de l’Algérie républicaine qui aspire au progrès et à la modernité. Son rôle a été des plus déterminants dans le redressement de la ligne politique du Pags en 1990 ; puis dans sa transformation en Ettahadi- Tafat, mouvement qui avait fait du combat pour la démocratie et la modernité son credo. Rabah Guenzet a notamment aidé à des avancées majeures sur les questions identitaires et culturelles dans le parti. Son nom figure dans la longue liste d’intellectuels et hommes de progrès éradiqués par les forces de l’islamisme, fauchés avec le fol «espoir» de faire taire toutes les voix qui se mobilisent pour démystifier le projet de société obscurantiste et barbare. La particularité de Guenzet, s’il en fallait une, en plus de la sincérité de son engagement et de sa détermination dans la lutte, était d’être un intellectuel d’expression arabe, dont la connaissance du patrimoine arabe et musulman se doublait d’une audacieuse appropriation des apports universels. Il était professeur de philosophie, syndicaliste, il a fait partie de la Fédération des travailleurs de l’éducation et de la culture (FTEC). Il a dû faire face aux affres de l’article 120 des statuts du parti unique au moment où il était secrétaire général du syndicat national de l’enseignement secondaire et technique. Connu pour son érudition, ses qualités de pédagogue et de polémiste au service du progrès et de la modernité, son assassinat a été un coup dur pour le mouvement dont il était l’un des principaux dirigeants, mais aussi pour l’ensemble du mouvement de la pensée moderne dans le pays. L’année 1993 a été une année macabre, particulièrement marquée par la succession d’assassinats de personnalités de premier plan parmi l’élite démocratique et républicaine du pays. Elle a été marquée aussi par les menées du pouvoir contre les segments les plus engagés de la presse nationale. Et enfin, par le fait qu’elle a été le point de départ de la lourde responsabilité qu’assume le pouvoir face à l’histoire depuis qu’il a initié la dérive dialoguiste et réconciliatrice que certains tentent, aujourd’hui, de couronner par une scélérate amnistie générale. Repose en paix camarade. L’idéal humaniste pour lequel tu te battais couve encore dans les entrailles de notre peuple.
Mohand Bakir

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