Vingt ans après son lâche assassinat à Gdyel: Djamel Eddine Zaïter est revenu ce samedi

Publié: 1 mars 2015 dans Articles de presse
  • Par Mohamed El Amine

    djamel-zaiter

Comme chaque vendredi, Djamel allait se recueillir sur la tombe de sa tendre maman, mais il ne se doutait pas qu’en ce mois de Ramadhan que c’était son dernier recueillement puisque la horde sauvage avait décidé de l’éliminer dans un lieu saint qui n’est autre que le cimetière.

 

Ce samedi, ses amis, ses compagnons de routes, ses collègues journalistes et des citoyens  était à la salle de cinéma de Gdyel, son village qu’il aimait tant devenue maintenant une petite ville pour lui rendre un bel hommage.

Un hommage à l’occasion de la commémoration du 20émeanniversaire de son lâche assassinat. La louable initiative est à mettre à l’actif de l’association « Boudhour » en collaboration avec ses amis du journal «El Djoumhouria».

L’itinéraire de Djamel n’est fait que de luttes pour la justice sociale, une meilleure vie et la modernité.

Dès son jeune âge, au lycée d’Oran, il se fait remarquer par son dynamisme et très vite il sera un membre «influent» à l’UNJA et par la suite un activiste à l’université d’Es-Senia. Son parcours dans la presse est aussi «combat» contre la hogra et l’injustice.

Après un bref passage à l’APS, il sera admis à «El Djoumhouria» où il s’illustra à la «locale» comme un parfait journaliste sachant manier la plume et utilisant le verbe «fort» quand il faut pour dénoncer une «hogra».

Dans son témoignage, son ancien rédacteur en chef, Souali, qui vient de mettre sur pied une association des «amis d’El Djoumhouria», relata le combat au sein du journal pour la « liberté d’expression » où ledéfunt se contentait de «brèves» pour faire passer son message et alerter l’opinion publique avec des mots «simples» et des phrases trop courtes.

L‘orateur relatera la générosité de Djamel, son engagement et surtout sa défense pour les femmes journalistes «maltraitées» par les circonstances de l’époque. Souali évoquera le courage de Djamellorsque les « services » se sont rendus au siège du journal pour embarquer ses deux consœurs qui avaient réalisé un reportage quant à l’influence d’une Zaouia de Mostaganem et qui avait mis à nu tout le poids de la famille de la femme de l’ex-chef d’État Benjedid. Un reportage juste après les événements du 05 Octobre 1988, où Djamel avait surpris les services de sécurité de l’époque en leur affirmant qu’ils ne pourront pas les emmener au poste avant qu’ils passent sur son corps.

Un courage qui avait obligé les décideurs de «changer» d’avis en les convoquant le lendemain au poste. On le surnommait «Akhou El Banat», le « frère des filles » où une journaliste dira que les femmes trouvaient en lui le confident, le frère et le père.

Souali rappellera le «fâcheux» événement lorsque le défunt, à l’époque du parti unique, a été relevé sans aucun motif de son poste de chef de rubrique pour être affecté ensuite à la «culturelle», Djamel ne croyait pas au poste de «responsabilité».

Ses voisins de Gdyel ont rappelé à l’assistance le «grand cœur» de Djamel. Hamani retraça le combat du défun

t à Gdyel et surtout lorsqu’il décida de se présenter avec ses amis sur une liste d’indépendants lors desélections locales et qui, malgré  l’échec au scrutin, Djamel ne baissa pas les bras. Zaïter est aussi un anti-intégriste convaincu et qui n’avait pas peur de dire ce qu’il pensait.

Ses amis se souviennent de leur première «bataille» contre l’ex-FIS lors de la cérémonie du premier novembre qui organisa une marche de jeunes improvisée pour imposer la levée des couleurs nationales.

Dans des lettres lues à l’assistance par Abdelkrim Aouari de l’association « Boudhour » de Mohamed Daoud, Makhlouf Ammeur et Amine Zaoui,  les intellectuels ont évoqué son «génie», sa tolérance et ses pensée

s moderniste.

Dans un film de 40 minutes réalisé par les membres de l’association, l’assistance a «revu »Djamel avec de brefs passages du défunt et les témoignages de ses collègues. Un film émouvant.

A la clôture, les élus locaux se sont engagés de perpétrer la mémoire du défunt et une lettre du P/APW a été lue. Rappelons que le matin, ses amis se sont recueillis sur sa tombe et une exposition photos surDjamel a accueilli les invités.

Abdelkrim donnera rendez vous à l’assistance avec cette phrase : «Le combat de Djamel  continue et nous n’oublierons pas les victimes du terrorisme!»

 

Son projet verra t-il le jour ?

Lors de cette journée de commémoration, il a été évoqué le projet de feu Djamel qui consistait à réunir tous ses entretiens avec des personnalités politiques et religieuses et les hommes de cultures, ses reportages et autres articles de presse et travaux de réflexion.

Les présents dont la veuve de Aek Alloula, Raja a souhaité que l’on mettre en œuvre ce projet en avouant qu’elle est disposée à contribuer. Le responsable d’«El Djoumhouria» a bien accueilli l’idée.

Le directeur du journal El-Joumhouria, Bouziane Benachour, présent à la cérémonie,  semble être acquis à ce projet puisque les autorités se sont engagés. Rappelons qu’un lycée à Gdyel porte déjà le nom de Djamel Eddine Zaiter.

 

 

 

Source : http://www.oranais.com/actualites/vingt-ans-apres-son-lache-assassinat-a-gdyel-djamel-eddine-zaiter-est-revenu-ce-samedi.htm

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