Le droit à la mémoire

Publié: 9 février 2015 dans Articles de presse
Qu’importe que nous l’appelions, décennie noire, rouge ou tragédie nationale, mais cette période qu’a connue l’Algérie fut l’une des plus dramatiques de son histoire post indépendante. Une période de sang et de deuil qui aura fait  plus de 200 000 morts, laissant des survivants aux troubles irrémédiables et des traces latentes dans une société algérienne traumatisée d’une ampleur indéfinissable

Face au drame qui n’a épargné aucune famille, Ajouad Algérie Mémoires veut célébrer  l’honneur et la dignité de ceux et celles qui ont été assassiné(e)s, violées, kidnappé(e)s, en refusant l’oubli de ses victimes et en luttant contre la falsification de l’histoire de son pays.

Car aujourd’hui, c’est notre histoire et la mémoire de nos victimes qui se trouvent menacées par des lois abjectes : Rahma en 1995, Concorde civile en 1999, Réconciliation nationale en 2006…. Décrétées et votées  au nom d’une politique injuste et d’une paix sociale trompeuse, au profit de terroristes islamistes et de criminels amnistiés et ré intégrés dans la société, empêchant toute recherche de vérité sur ce dramatique passé, pire, les crimes restent ainsi à jamais impunis.
C’est dans ce contexte qu’est né, en décembre 2010,  Ajouad Algérie Mémoires avec pour volonté de réaliser un travail mémoriel et faire du 22 mars LA journée contre l’oubli. 22 mars en mémoire à ceux de 1993 et 1994 qui ont vu une certaine population sortir dans les rues d’Algérie pour dire non à l’intégrisme oui à la démocratie.

Depuis, nous listons les actes ayant touché des personnes connues ou anonymes. Il ne s’agit pas de sombrer dans le pathos, non, il s’agit de recenser et mettre un nom sur chaque victime, sur chaque chiffre, redonner une identité, une valeur à plus de 200 000 tombes éparpillées à travers le pays. Seul un tel travail permettra d’accéder aux faits concernant chacun d’eux.

Nous sommes de plus en plus nombreux chaque jour à nous investir dans ce travail de mémoire. C’est pour nous un devoir, un acte de refus de cette amnésie instituée, et c’est en ce sens qu’Ajouad Algérie Mémoires, se joint au travail contre l’oubli déjà en cours, pour remettre à jours les œuvres d’une élite sacrifiée, mais aussi le vécu de tout un peuple, afin que nul ne les oublie.

Refuser ce travail de mémoire, ce serait les enterrer à tout jamais et priver les générations futures des repères nécessaires à la construction de leur identité en les laissant face à des questionnements similaires à ceux que nous avons actuellement concernant la guerre d’Algérie.

Faisons du 22 mars LA journée contre l’oubli, une date repère, une journée qui rassemble la mémoire de 200 000 victimes. Agissons pour que cet acte citoyen se normalise et que cette commémoration devienne une évidence, il s’agit là d’une nécessité historique.

Ajouad Algérie Mémoires

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s