Un tag pour Momoh, Mohamed Mekati, brillant journaliste, assassiné le 9 janvier 1996

Publié: 17 janvier 2015 dans Articles de presse

Cher ‘’MOMOH’’ entre toi et moi, c’est une belle histoire liée par un symbole nommé ‘’le Henné’’.

Saha Momoh, bonjour mon ami. Mille excuses pour cette réaction tardive. La ‘’Sahba’’, l’amitié aurait voulu que je tape à ta porte,Mekati Mohamed 1984 24h plus tôt, à l’heure du 19e anniversaire de ta disparition. Une disparition tragique par la faute d’assassins qui, en ‘’kheda3ines’’ et traîtres, t’ont tendu une embuscade lâche au bas de chez toi à Ain-Naadja.

Je sais que tu ne m’en veux pas Moh. Et pour cause ! Entre toi et moi, il y a une triple amitié + un bonus de la ‘’Sahba’’.

Momoh, toi et moi sommes liés d’abord par l’amitié inoubliable des années du lycée Okba/Guillemin et des années de Science Po et l’école de Journalisme au temps de l’Institut dirigé — avec des standards dignes de ce nom — par le regretté Derradji et, dans son sillage, par Abassa Mohammed ; par l’amitié des années de presse et par les longues ‘’qaadates’’ de la bande — TA BANDE — que tu as dirigé d’une main généreuse et avec une baguette magique et rassembleuse

Et s’agissant du bonus, nous sommes liés, toi et moi, par une page oh combien symbolique. Toi et moi sommes liés par une histoire de ‘’fel’’, ce beau sort cher à nos parents et nos ancêtres : l’histoire d’un ‘’henné’’.

Je sais que ta main droite continue de se rappeler de ma main droite et de sa caresse festive. La caresse d’un ‘’Youyou’’ – c’est ainsi que tu me surnommais – qui a célébré ton mariage avec la passion et la folie qui étaient les siennes.

Je sais que tu n’as pas oublié ce moment heureux qui date. Si ma mémoire est bonne, nous devions être en 1988 ou en 1989. La bande s’est donné rendez-vous au domicile de tes chers parents, à un pâté d’immeubles du Sacré cœur.

Pour chanter et danser à l’heure de TES NOCES.

En grands manipulateurs devant l’éternel, Lyes Lellouchi, Yazid Chekireb, Djamel Kaouane et moi t’avons tendu un piège ‘’hnin’’ et doux celui-là, pas le piège lâche que te tendront, quelques années plus tard, les assassins envoyés par la ‘’bête immonde’’.

Je sais que tu t’en rappelles plus que jamais car ce jour reste – et plus que jamais — comme l’un des plus beau jalons de ta vie. Lyes, Yazid, Djamel et moi avons décidé de t’infliger une ‘’hanna’’ qui n’était pas au programme que ton cher pacha de père avait concocté.

A l’unisson, la bande ‘’bach narbatlak al hanna’’. Tout l’honneur était pour moi : présider la cérémonie ‘’henné’’ de Momoh.

Ta bande avait célébré tes noces à un moment où les smartphones relevaient de la science-fiction et du ‘’moustahil’’. Dommage pour l’histoire et la mémoire de la bande. Dommage pour cet instant festif et heureux que je raconte pour la première fois depuis ta disparition.

Je m’en rappelle comme si cela datait d’hier : lorsque nous t’avons drapé du burnous blanc et t’avons mis devant le fait accompli du henné, tu m’avais dit ‘’Youyou yarham babak, mets moi une toute petite couche de henné, pas une de plus’’.

Fou et faux-ami que j’étais, je t’ai rassuré : ne t’en-fais pas Momoh, je t’en mis une toute petite kemia et elle ne tiendra pas l’aube. La couche de  »hanna » au rouge vif a imprimé ta main des semaines et des semaines. Je m’en excuse Cher ami, c’est un peu de ta faute Momoh.

Cérémonial pour cérémonial, j’ai aimé te chanter le texte qui sied à la tradition du henné : ‘’Aziza aliya, sidi Rssoul Allah’’ chère à Guerouabi. Tu as souhaité ‘’Nadjm Eddoudja 3assas ellil rah’’ chère au Cardinal El Anka.

Heureux d’exécuter un hymne à l’heure des noces de Momoh – le plus sage, le plus cheikh d’entre nous –, j’ai été attentif à ton esprit conciliant : j’ai entonné les deux et, au final, je me suis oublié et j’ai consommé les 200 grammes de henné et le demi-litre d’eau de fleur d’oranger livrés par El Hadja.

Momoh, je te rassure mon cher : même si tu es passé de l’autre côté de la barrière, même si la bande s’est dispersée un peu partout, tu es plus que jamais présent parmi nous. Oulid Houmtek et ton compagnon de lycée Djamel Hamouda — qui se cache derrière le pseudo de Meissonier Ferhat Boussad Alger — a pris l’heureuse et louable initiative de te mettre à l’heure des réseaux sociaux et de Facebook.

http://www.huffpostmaghreb.com/2015/01/10/mohamed-mekati-assassinat-journaliste_n_6447962.html

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