Publié: 2 juin 2014 dans Articles de presse

2 juin 1993 : Tahar DJAOUT succombe à ses blessures à l’hôpital de Bainem (Alger). …….

RAISON DU CRI

s’il n’y avait ce cri,
en forme de pierre aiguë
et son entêtement à bourgeonner

s’il n’y avait cette colère,
ses élancements génésiques
et son soc constellant,

s’il n’y avait l’outrage,
ses limaces perforantes
et ses insondables dépotoirs,

l’évocation ne serait plus
qu’une canonnade de nostalgies,
qu’une bouffonnerie gluante,

le pays ne serait plus
qu’un souvenir-compost,
qu’un guet-apens
pour le larmier.

Tahar DJAOUT – Extrait de « Perennes » – 1983

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