Publié: 1 juin 2014 dans Articles de presse

Le 31 Mai 1994 était assassiné Salah Djebaïli recteur de l’université de Bab Ezzouar

Extrait  » ….. une collaboratrice du professeur se souvient de ce jour où Abassi Madani a fait irruption dans l’enceinte universitaire, transformée par les étudiants acquis au FIS en tribune pour exiger l’enseignement arabisant. Les étudiants avaient dressé sur l’esplanade des cercueils pour jeter l’effroi dans le corps enseignant. Le professeur Djebaïli, imperturbable, refusera catégoriquement de recevoir le n°1 de l’ex-FIS : « Qui est-il pour que je le reçoive, une lumière ? Un prophète ? » rétorquait Djebaïli aux hystériques militants. … »

 

Plus d’une décennie après son assassinat, le professeur Salah Djebaïli, recteur de l?université de Bab Ezzouar (Alger), reste encore vivant dans les mémoires. Un hommage lui a été rendu hier dans l’enceinte du campus universitaire. Ses ex-collaborateurs, ses amis, ses anciens élèves, des membres de sa famille étaient venus assister à la cérémonie de recueillement, la douzième depuis son lâche assassinat survenu le 31 mai 1994. Crime perpétré par les hordes terroristes. Mis à part le recteur de l’université de Bab Ezzouar, le Pr Benali Benzaghou, aucune autre autorité officielle n’était représentée. Pourtant l’homme était de ceux qui ont fortement marqué l’université algérienne.

Professeur d’université, directeur du Laboratoire d’écologie de l’université des sciences et des techniques Houari Boumediene, directeur général de l’Office national de la recherche scientifique, l’équivalent en France du CNRS, directeur de l’Institut national d’agronomie, le professeur Salah Djebaïli n’avait pas que son CV comme argument à faire valoir. Il était un des rares cadres de l’Algérie indépendante. Son doctorat en écologie en poche (université de Montpellier), Salah Djebaïli rentre au pays pour apporter sa contribution. Entre autres mérites, le Pr Benali Benzaghou lui reconnaît celui d’avoir été l’introducteur de l’enseignement écologique en Algérie.

Ses nombreux travaux de recherches réalisés du temps où il dirigeait le Centre de recherche sur les ressources biologiques terrestres (CRBT), consacrés aux problèmes de gestion de la steppe des Hauts-Plateaux, l’imposeront comme référence incontournable dans ce domaine.

Il était un « homme de poigne », se souvient une de ses collaboratrices, « intraitable sur la question de principe », ajoute-t-elle. Bien qu’il ne s’est jamais montré intéressé par la « chose » politique ou syndicale, il tenait en horreur les esprits obscurantistes, témoigne un autre de ses amis. Son opposition à l’arabisation des filières techniques lui vaudra le ressentiment et la haine viscérale des animateurs de la mouvance islamiste. Ils le désigneront, lui, ainsi que beaucoup de cadres de l’université de Bab Ezzouar à la vindicte intégriste. Une cible à abattre.

Une collaboratrice du professeur se souvient de ce jour où Abassi Madani a fait irruption dans l’enceinte universitaire, transformée par les étudiants acquis au FIS en tribune pour exiger l’enseignement arabisant. Les étudiants avaient dressé sur l’esplanade des cercueils pour jeter l’effroi dans le corps enseignant. Le professeur Djebaïli, imperturbable, refusera catégoriquement de recevoir le n°1 de l’ex-FIS : « Qui est-il pour que je le reçoive, une lumière ? Un prophète ? » rétorquait Djebaïli aux hystériques militants.

Source http://www.vitaminedz.com/universite-de-bab-ezzouar/Articles_15688_19965_0_1.html

 

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