Publié: 5 octobre 2013 dans hommages
 

Rabah GUENZET
 Rabah GUENZET : Prof de philosophie et Islamologue, Assassiné 5 octobre 1993 dans la banlieue d'Alger. Quelques jours avant, il avait participé à un débat télévisé qui l'opposait  à Abassi Madani.       LE 5 OCTOBRE 1993 UN AUTRE PATRIOTE QUI S’EN VA

Il voulait une Algérie moderne, républicaine, tolérante et tournée vers l’avenir.
Rabah GUENZET, né le 13 décembre 1948 à Bejaia était professeur de philosophie ( lycées Hamia puis Hassiba Ben Bouali de Kouba), islamologue et ancien Secrétaire Général du Syndicat National de l’Enseignement secondaire et Technique relevant de la F.T.E.C (fédération des travailleurs de l’enseignement et de la culture)..
Son engagement politique, lui avaient valu un licenciement de son poste d’enseignant de philosophie du lycée Hamia de Kouba en 82 pour sa participation à une grève.
Cette situation, n’avait en rien altérée sa combativité ou infléchi ses principes. Le vrai militant qu’il était, il était resté debout et avait continué à militer et à se battre malgré toutes les difficultés pour une Algérie Moderne et Démocratique. Pour les Droits des Ouvriers et des Femmes, pour les plus démunis.
Il sera victime de l’article 120, article tristement célèbre pour avoir écarté bons nombres d’intellectuels et scientifique des postes de responsabilités. Il sera ainsi exclu du syndicat
Rabah était connu pour son érudition en matière de patrimoine arabo-islamique et pour ses qualités de pédagogue et de polémiste au service du progrès et de la modernité. Il avait une culture aussi bien arabophone que francophone. Il avait le respect et une vaste et profonde connaissance de l’islam comme religion et civilisation. Ses argumentations étaient tellement efficaces que les idées obscurantistes et réactionnaires ne tenaient pas la route devant ses analyses et devant ses connaissances précises de l’histoire et des textes y compris religieux.
Membre fondateur et dirigeant du mouvement ETTAHADI, il a été élu lors du congrès consultatif en janvier 93 au Conseil National Transitoire.
Ils lui ont certainement pas pardonné le fait d’avoir tenu tête au président de l’ex FIS lors d’un débat radiophonique avant les élections communales. Le président de l’ex FIS avait à l’occasion déclaré : « donnez-nous vos moyens médiatiques, nous vous donnerons nos mosquées » (Voulant sûrement paraphrasé le chahid Ben M’Hidi). Guenzet imperturbable avait rétorqué ce jour-là : « Mais Cheikh, l’avenir de l’Algérie est au-dessus de ce genre de marchandage».
Dans la cité populaire d’Alger qu’il habitait, Rabah jouissait d’une grande sympathie de la population, tous âges confondus, parce qu’il menait avec tous des conversations sur les différents thèmes qu’ils soulevaient et sui ne relevaient pas pour la plupart de la haute politique. Je crois que la plupart des gens ne le situaient pas tellement politiquement, ils le classaient parmi « nass el mlah » et étaient attentifs à ses avis et conseils. Lorsque la vague islamiste était montée après octobre 88, les jeunes en kamiss le pressaient souvent de se joindre à eux pour prier à la mosquée. Il faisait partie de ceux dont on disait « maandek ma tgoulfih ; khassatloughir es-slat ». A l’un d’eux qui se faisait plus insistant, il répondit un jour « Ce n’est pas une obligation, chaque musulman peut prier chez lui, il n’a pas besoin de se montrer aux autres pour prouver sa foi et s’en vanter ; c’est entre lui-même et son Dieu ». Il lui ajoute : « Mais d’accord, si tu en as envie en croyant gagner une « hassana » auprès de ton seigneur, je viendrai avec toi : à condition seulement et à partir du moment où tu te joindras à moi pour nettoyer régulièrement la place dont la saleté nous fait honte ! ». L’autre interloqué: « pourquoi me dis-tu çà ? ». Parce que, précise Rabah « An-nadhafa min al imân » (la propreté découle _ou est un élément _ de la foi). Le jeune au kamis, plongé surtout dans les calculs relevant de l’enfer et du paradis, était loin de ces préoccupations terre à terre.
Les lecteurs de la presse surtout arabophone « EL khabar », retiendront de lui, l’image d’un penseur qui a tenté dans une conjoncture difficile d’apporter sa contribution par sa plume dans les débats relatifs à l’islam, à l’identité et au patrimoine national.
Recueils de témoignages d’amis, militants par RymGUENZET , 04 octbre 2012.

commentaires
  1. xalfun dit :

    si l au delà existe Rabah GUENZET est au paradis car si dieu existe il fera de rabah son ami , son fils son frere. repose en paix mon ami mon frere.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s