Publié: 2 octobre 2013 dans Articles de presse
SAMIRA, LA CAVALIERE MIRACULEE   …par Djillali CHERRID  (1)
Image
Lors de tournoi national des sports équestres organisé par la Fédération des Sports Équestres avec la collaboration de la Wilaya de Sidi-Bel-Abbès, qui a vu la participation d’un nombre record de Centres et Haras privés, notre attention a été retenue par une Cavalière qu’on pourrait aisément qualifier de « miraculée » SAMIRA enfourche le cheval comme vous le faites avec vos chaussures. Il lui va comme un gant.  Signes particuliers: elle porte constamment un foulard autour du cou et parle de manière inaudible, voire ne parle pas du tout. Au-delà de la manifestation, au-delà des gagnants et de la cérémonie de clôture rehaussée par la présence du Wali, le cas SAMIRA mérite qu’on s’y attarde. Une jeune fille qui aime le cheval ce n’est pas nouveau. Une jeune fille qui aime le sport l’est encore moins. Mais qu’a de particulier SAMIRA?… En fait, Samira revient de très loin. Il y a près de vingt ans, durant la décennie noire, Samira habitait un petit village dans l’ouest du Pays. Son destin voulut que la horde sauvage passe par là. Tous les  membres de la famille (père, mère, frères et sœurs ainsi que le bébé SAMIRA (âgée à peine de 2 ans) furent impitoyablement égorgés. Une fois l’ignominie accomplie, la horde passa son chemin, laissant derrière elle, une mare de sang. SAMIRA fut comptabilisée parmi les morts, victimes du Terrorisme. Mais, Dieu en a décidé autrement. Quoique égorgée d’une oreille à l’autre, le bébé SAMIRA respirait toujours, plutôt râlait. Rapidement, prise en charge, elle  arriva à survivre. Les séquelles? Elles sont indélébiles. Physiques d’abord: Cicatrice autour du cou, vestige des « faits d’armes » des brutes criminelles, équipement implanté dans la gorge pour les cordes vocales. Psychologiques ensuite: Un traumatisme qui ne risque pas de disparaitre un jour. SAMIRA reste réservée, souvent les yeux hagards, sans expression. Elle n’a que le cheval pour se consoler. Elle n’a jamais pu enlever le bandeau autour du cou pour cacher la cicatrice. Le visage rayonnant le teint blafard met en évidence une beauté exceptionnelle de ce que fut ce bébé miraculé.  SAMIRA se venge sur son sort en donnant un coup sec d’éperon au cheval pour qu’il saute l’obstacle. C’est sa manière de croquer la vie, cette vie qu’on a voulu vainement lui ôter. SAMIRA demeurera une des leçons données à tous ceux qui ont cru un jour, mettre à genoux un Peuple, le Peuple Algérien.
Djillali CHERRID  
djillali@bel-abbes.info
(1) Article publié le 07 novembre 2012 par bel-abbès.info

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s