BéjaÏa: Célébration pathétique de la «Journée contre l’oubli»

Publié: 9 avril 2013 dans Articles de presse

Particulièrement dédiée, cette année, à la très chérie Nabila Djahnine, l’une des nombreuses victimes de l’absurde violence terroriste de la décennie… noire ou rouge.

Cette journée-rencontre du 22 mars 2013, particulièrement dédiée, cette année, à la défunte et regrettée Nabila Djahnine, de Béjaïa mais, cependant, de toute l’Algérie, a été organisée par « Ballade littéraire» et «Ajouad Algérie Mémoires». Un nombreux public amplement (et non moins agréablement) mixte a pu apprécier, dans la grande salle du TR Béjaïa Malek Bouguermouh, un programme, certes, sobre pour la circonstance, mais captivant.

D’abord, juste après la minute de silence observée à la mémoire des victimes du terrorisme des années noires «et de celles qui ont suivi…»,  (dixit le conférencier Rachid Oulebsir) deux conférenciers ont excellé, sans trop d’efforts, dans l’art de capter tout l’intérêt de l’auditoire.

Il s’agit de l’écrivain (et journaliste) Rachid Oulebsir et du journaliste Fodil Mezali qui ont respectivement axé leurs exposés sur «la trajectoire politique et sociologique depuis le recouvrement de l’Indépendance à ce jour, non sans en énumérer et déplorer des phases douloureuses, voire «révoltantes» «car ayant généré échecs et autres scories» dont le pays a souffert et continue de souffrir…» ;  et, pour Fodil Mezali, le périple trouble et quasi violemment perturbé de l’Ecole algérienne, également , notamment depuis les années 1970…

«… La désignation du regretté et illustre homme de lettres, intellectuel éminemment grand patriote Mostefa Lacheraf à la tête du ministère de l’Education nationale par Houari Boumediene n’était-elle pas une espèce de prise de conscience d’urgence signalée, une action pour contrer des  visées suicidaires du système éducatif national ?», s’est interrogé Fodil Mezali.

Rachid Oulebsir, sans ambages, «a tenu à rappeler aux plus âgés de l’auditoire, «la grande arnaque égyptienne» au lendemain de l’Indépendance, et qui avait consisté à nous envoyer un corps d’enseignants «faux et usage de faux», des usurpateurs de fonction dont les «diplômes» avaient été confectionnés juste l’avant-veille de leur départ vers l’Algérie, en fait tous des membres de la  confrérie des Frères musulmans», ex-prisonniers  politiques, dont le Président Gamal Abdenasser voulait se débarrasser…».

En somme, il s’était agi, pour les deux conférenciers, de cerner, peu ou prou, les contours de la genèse de la décennie… «noire… ou rouge». Une fois le microphone balladeur tendu à l’auditoire, que de témoignages émouvants de personnes l’ayant connue,  ayant trait à la personne de la regrettéeArchitecte Nabila Djahnine (dont la plus haute tour-immeuble de Béjaïa, Rue de la Liberté porte le nom) ! «Son sourire éternel, son rire historique, son dévouement pour toutes les causes justes et édifiantes, son patriotisme…

Il lui arrivait de travailler avec des étudiants et des organisations culturelles jusqu’à 04h du matin !… Nabila, la Bédjaouie, avait beaucoup apporté à l’Université de Tizi Ouzou durant les années 1990…». Fort intéressante rencontre «contre l’oubli», assortie d’une expo photos des victimes du terrorisme, assez nombreux, dont Tahar Djaout, Djilali Liabès, Mohamed Abderrahmani, Saïd Mekbel…

La mélancolie ambiante a été quelque peu «atténuée» ( ?…) (Ou plutôt tout juste adoucie par la fabuleuse prestation vocale de Mounia Aït Meddour, la «Fairouz du TRB», admirablement accompagnée par le sublime homme-orchestre Abdelaziz Yousfi, dit Bazou, tantôt aux arpèges (guitare), tantôt au piano…

«Awid afussim» de Djamel Allam et «Yal menfi» superbement interprétés par cette gazelle du TRB, comédienne de surcroît. Et de talent ! Avec une voix qui n’est rien d’autre qu’un doux et satiné zéphyr aux caresses langoureuses pour l’ouïe et le cerveau… Une fête, en fait, et… en toute liberté d’expression, et de ton. Sans problème, qui plus est, comme à l’accoutumée. A bon entendeur…

Arslan Boughiden

http://www.dknews-dz.com/cms/culture/musique/18178-bejaia-celebration-pathetique-de-la-journee-contre-l-oubli

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