JOURNÉE CONTRE L’OUBLI À BÉJAÏA. Nabila Djahnine ressuscitée

Publié: 24 mars 2013 dans Articles de presse
Nabila Djahnine ressuscitée

L’émotion, les souvenirs partagés, la convivialité et le recueillement ont marqué cette journée. Comme fut celle de l’année dernière, dédiée pour rappel à Saïd Mekbel, alias Mesmar Djeha, cette dernière a été consacrée à la mémoire de celle qui a marqué le terrain de lutte de toutes le causes justes sous toutes ses formes, Nabila Djahnine, en l’occurrence. La rencontre a débuté par une minute de silence à la mémoire de tous ceux qui sont morts pour l’Algérie démocratique et progressiste depuis 1962 à nos jours, suivie d’une conférence-débat portant sur l’historique et l’origine de l’intégrisme en Algérie, animée conjointement par Rachid Oulebsir et Fodil Mezali. Dans son intervention, l’auteur Rachid Oulebsir a fait une rétrospective pointilleuse, ponctuelle et surtout ordonnée de l’intégrisme depuis l’avènement de l’islamisme politique en Algérie. Il dira en substance que «l’intégrisme a toujours fait le lit du pouvoir en place depuis l’indépendance à nos jours. Ce dernier s’est servi de lui pour mater toutes les forces démocratiques et progressistes de l’Algérie libre et indépendante, notamment son aile de gauche, sans omettre de rappeler et de préciser que les islamistes algériens étaient les derniers à rejoindre le FLN dans sa lutte armée contre le joug colonial» avait-il déclaré avant de rappeler les dérives des décideurs à l’indépendance qui ont accueilli, comme enseignants du système éducatif, les Frères musulmans égyptiens libérés de prison par Djamel Abd El Nasser, une décision loin d’être fortuite pour le régime de Ben Bella. Un exposé fort remarquable, en somme, qui a été complété par Fodil Mezali qui a mis l’indexe sur l’échec du système éducatif depuis l’éviction de Mustapha Lacheraf qui a sauvé un tant soit peu ce système durant son règne à la tête de l’Education nationale. Après les débats, c’était autour de Basou et Mounia de gratifier les présents de quelques morceaux musicaux de haute facture. Très ému, Basou l’artiste déclare: «Ce genre de rencontres est indispensable pour que nul n’oubli les sacrifices des hommes et des femmes morts pour leurs convictions. Cette dernière chanson El Werka est comme une note d’espoir pour un avenir meilleur». La musique a cédé la place à la poésie représentée par Fatah Amrouche qui a déclamé quelques vers de ses poèmes à l’occasion. La rencontre a été clôturée par une cerise sur le gateau, une note théâtrale avec la présentation de Arfia fi samt el-leil (Arfia dans le silence de la nuit), qui relate le drame des femmes enlevées et violées dans les maquis terroristes durant la tragédie nationale qui rappelle les épreuves endurées et les destins brisés de toutes celles qui ont été victimes de la horde terroriste et son idéologie intégriste. Aussi, pour que nul n’oublie, des rencontres similaires sont plus qu’indispensables, voire même incontournables. Sinon, comment expliquer à la nouvelle génération tous les sacrifices de toute une panoplie d’artistes, de journalistes, d’écrivains, d’intellectuels clairvoyants… D’hommes et de femmes engagés tout simplement pour que vive l’Algérie libre et indépendante, démocratique et progressiste. Un projet ou plutôt un souhait que nous devons tous défendre pour que leur sacrifice ne demeure pas vain.

Par Boualem CHOUALI – Dimanche 24 Mars 2013

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