AJOUAD Algérie Mémoires Collectif D’Oran, 22 mars, journée contre l’oubli

Publié: 28 novembre 2012 dans Articles de presse
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L’appel a été lancé à travers la toile, plus précisément via le réseau Facebook, et nul ne pensait que cette initiative d’Ajouad Algérie Mémoire, une association créée par des enfants des victimes du terrorisme islamiste, pour organiser ce 22 mars 2012 une journée contre l’oubli des victimes du terrorisme intégriste en Algérie, allait réunir autant de personnes, qui ont tenu à prendre part à ce devoir d’une mémoire collective.
Ajouad Algérie Mémoire par le biais du collectif d’Oran a su néanmoins faire face au refus de leur accorder la salle de la cinémathèque pour la tenue de leur journée commémorative. Le plan B nous diront avec ironie les organisateurs, «était déjà prévu car nous savons à qui nous avons à faire et ils ne parviendront pas à nous faire renoncer à ce devoir de mémoire». Ainsi c’est au niveau du local de l’association féminine FARD, qu’a eu lieu l’activité. L’émotion était au rendez-vous, mais aussi et surtout une mobilisation déterminée à ce que nul n’oublie ceux et celles qui ont été assassinés par des terroristes. L’amorce a été donnée par un diaporama en chant et musique ou défilaient les photos de tous ceux et celles que l’Algérie compte parmi les victimes du terrorisme. Un moment poignant et digne lorsque les photos de ceux qui ont osé dire non à l’intégrisme ont commencé à défiler : Allaoua Aït Mebarek, Bakhti Benaouda, Azzedine Mejoubi, Abderrahmane Fardheb, AEK Alloula, Saïd Mekbel, Ismail Yefsah… la liste est bien longue. Prenant la parole, Rihab Alloula (la fille d’AEK Alloula) aura ces mots touchant «cela fait un moment que nous avons déclaré la guerre à l’oubli, parce qu’il y a pire que la mort : l’oubli et l’amnésie. Ils veulent nous “alzhaimeriser”, mais une mémoire ça se nourrit ça se préserve, ça se protège, ça se réveille. En France, Ajouad Algérie Mémoire est constituée en association, ce n’est pas encore le cas en Algérie. Le collectif d’Oran s’est voulu solidaire avec les enfants du terrorisme. Il y a une phrase qui me vient à l’esprit, celle d’Adonis qui dit “ne dites pas je suis fou, ma folie ce sont vos rêves”. Les gens qui se sont sacrifiés pour ce pays parce que c’était un choix, nous ont offert du rêve, du savoir, de l’espoir, alors à nous maintenant de leur offrir nos mémoires, rien que ça.». Au programme de cette journée contre l’oubli, la projection du court métrage On ne mourra pas d’Amel Kateb. Dans son travail la réalisatrice est revenue sur la décennie noire ce qui coïncidait parfaitement avec la journée contre l’oubli. Dans un message envoyé à l’occasion de cette rencontre, ne pouvant être présente, Amel Kateb dira : «Très émue que mon film soit projeté en ce 22 mars dans le cadre de la journée contre l’oubli, initié par l’association Ajouad Algérie Mémoire, là il prend tout son sens. Le combat de l’association est vital et essentiel pour nous et pour nos enfants, pour l’histoire de notre pays.». Autre moment intense, la lecture d’un poème écrit par feu Bakhti Benaouda (assassiné le22 mai 1995) lu par sa fille Ismahane. Puis Leila Tahar Amar a lu un texte qu’a écrit Fardheb Abderrahmane (assassiné le 26 septembre 1994) une semaine avant son assassinat. Suivie d’Amine Boukraa qui a lu, un texte de poésie populaire écrit par Blaha Benziane, en hommage à feu Abdelkader Alloula (assassiné le 10 mars 1994). La dynamique Nabila Nadjet Guermesli a lu quant à elle, un texte qu’elle a écrit dans le cadre d’un atelier d’écriture pour la mémoire, édité dans un recueil (Femmes en combat). Des lectures accompagnées de mélodies, jouées par Yacine Bouha, un talentueux guitariste. Clôturant cette première rencontre qui promet d’autres activités, ont tenu à préciser les membres du collectif d’Oran –Ajouad Algérie Mémoires, Fatima Boufnik, membre de l’association FARD dira avec beaucoup d’émotion et de passion «le choix du 22 mars n’est pas un hasard, mais en référence aux deux marches du 22 mars 1993 et 1994 en Algérie contre l’intégrisme et pour la démocratie, suite à l’assassinat de Alloula, ainsi que le 22 mars 2006 où plusieurs associations de familles de victimes du terrorisme avaient fait un sit-in, à Alger pour dénoncer la politique de la grâce amnistiante et de l’impunité à l’égard de terroristes islamistes. C’est pour cela que les enfants de victimes du terrorisme, en particulier Amel Fardheb et Nazim Mekbel ont choisi le 22 mars comme journée contre l’oubli, une journée portée par la société profonde de l’Algérie pour que ça soit contre l’oubli de toutes les personnes ou anonyme victimes du terrorisme. Nous œuvrons pour que cette journée du 22 mars soit officiellement la journée nationale de la mémoire».

Amel Bentolba

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